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Le pavillon des combattantes

Portrait de Adminloc

Notre avis :

Un huis clos étouffant, retour au pays de la pandémie ! Pas celle que nous connaissons si bien maintenant, non, celle de 1918 à Dublin ; la grippe espagnole fait des ravages et va décimer entre 3 et 6% de la population mondiale en quatre ans.
Julia fait partie du bataillon des combattantes, infirmière dans son minuscule service hospitalier de trois lits qui accueille les femmes enceintes touchées par la maladie.
Ce que nous allons découvrir dans ce récit, c'est que toutes ces femmes sont des combattantes et ceci à plus d'un titre.
Emma Donoghue va aborder de nombreux sujets sur les conditions des femmes de l'époque, leur subordination à leur mari, à la société (leur accès au droit de vote n'est que balbutiant), au qu'en dira-t-on, au poids écrasant de l'Eglise catholique, qui n'hésite à fouler aux pieds leurs droits les plus élémentaires.
De jeunes filles-mères ou des orphelines sont ainsi enfermées dans des couvents dont elles deviennent des esclaves corvéables à merci. L'histoire de la jeune Bridie, élevée par des bonnes soeurs dans une sinistre institution, fait écho au livre « Ce genre de petites choses » de Claire Keegan.
Emma Donoghue relate dans son ouvrage le combat du Dr Kathleen Lynn, une femme ayant réellement existé, vice-présidente du Sinn Féin, qui aura oeuvré toute sa vie pour la défense du droit des femmes, et luttera contre les maladies infantiles chez les plus pauvres.
Cependant, j'ai regretté que l'auteure nous en dise si peu sur la vie de cette femme exceptionnelle en ne lui accordant pas une place plus importante dans son récit. Ce dernier reste très fermé sur les murs de l'hôpital et une ouverture plus importante sur le contexte politique et social aurait été très enrichissante.
Un autre bémol, je ne recommande pas cette lecture aux femmes enceintes ! J'ai parfois un peu saturé, surtout dans les premiers chapitres, sur les descriptions anatomiques et médicales très précises et répétitives, pour lesquelles il faut avoir le coeur bien accroché.
Heureusement, quelques pratiques de l'époque, si elles nous font dresser les cheveux sur la tête, m'ont faire rire jaune ; ainsi apprend-on que le whisky était donné comme du petit lait à toutes les parturientes afin de diluer leurs souffrances en les abrutissant !
La subite histoire d'amour finale m'a semblée superflue, pas très crédible, et n'apporte pas grand-chose à l'ensemble (peut-être un clin d'oeil à un autre combat de femmes par l'auteure).
Un livre écrit par Emma Donoghue avant la pandémie de covid-19, et qui nous rappelle douloureusement que l'Histoire se répète...

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