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Comithé lecture du vendredi 6 février 2026
Voici, ci-desous les livres évoqués par les participant(e)s du Comithé lecture qui a eu lieu hier vendredi 6 février, toujours dans une bonne ambiance, simple et bienveillante.
- La librairie Morisaki. Satoshi Yagisawa
Takako a le coeur brisé lorsque Hideaki, l'homme qu'elle aime, lui annonce ses fiançailles. Dévastée, la jeune femme ne supporte plus de le croiser au travail et démissionne. Takako a bien du mal à remonter la pente... jusqu'au jour où elle reçoit un coup de téléphone de son oncle Satoru, qu'elle n'a pas revu depuis de nombreuses années. L'homme, un peu excentrique, est à la tête d'une vieille librairie d'occasion, implantée à Jinbôchô, le quartier des bouquinistes à Tokyo. Il lui propose de venir l'aider, et même de s'installer au premier étage de la boutique. Voyant enfin l'avenir lui sourire, Takako accepte et découvre parmi tous ces livres un nouveau langage qui lui était jusque-là inconnu...
- Le chant d'Haïganouch (suite de "L'oiseau bleu d'Erzerum"). Ian Manook.
Ils en rêvaient : reconstruire leur pays et leur histoire. Comme des milliers d’Arméniens, Agop, répondant à l’appel de Staline, du Parti Communiste français et des principales organisations arméniennes de France, quitte sa famille et embarque en 1947 à bord du Rossia dans le port de Marseille. Mais, au bout du voyage, c’est l’enfer soviétique qu’il découvre. Sur les bords du lac Baïkal, Haïganouch, une poétesse aveugle, séparée de sa sœurlors du génocide de 1915, aujourd’hui traquée par la police politique, affronte, elle aussi, les tourments de l’Histoire. Des camps de travail d’Erevan aux goulags de Iakoutsk, leurs routes se croisent plus d’une fois, au fil d’une odyssée où la peur rencontre l’espoir, le courage et l’entraide.
- Nourrices. Séverine Cressan
Dans ce village, c'est du corps des femmes qu'on tire l'argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son propre enfant à peine sevré, accueille chez elle comme tant d'autres une "petite de la ville". Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à ses côtés un carnet qui raconte son histoire. Elle ne pourrait veiller sur ces trois nourrissons et quand celle dont elle a la garde meurt dans son sommeil, elle n'hésite pas à échanger les bébés. L'enfant mystérieuse prend la place de Gladie, cette petite fille qui lui avait été confiée...
Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d'une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraine dans un univers où la nature et l'enchantement ne sont jamais loin et réinvente l'histoire de ces mères invisibles.
- Les dames de Kimoto. Sawako Ariyoshi (n'est pas dans le fond de la médiathèque)
Le mont Kudo était encore voilé par les brumes matinales de ce début de printemps. La main serrée dans celle de sa grand-mère, Hana franchissait les dernières marches de pierre menant au temple Jison. L'étreinte de la main autour de la sienne lui rappelait que, maintenant qu'elle allait être admise comme bru dans une nouvelle famille, elle cesserait d'appartenir à celle où elle avait vécu les vingt années de son existence". A travers le récit des amours, des passions et des drames vécus par trois femmes de générations différentes, Les dames de Kimoto dresse un tableau subtil et saisissant de la condition féminine au Japon depuis la fin du XIX siècle.
- La cabane dans les arbres. Vera Buck
C’est l’heure des vacances. Henrik et Nora ont décidé de partir en Suède avec Fynn, leur fils de cinq ans. Mais à peine arrivés dans leur jolie maison isolée au cœur de la forêt, une sensation d’oppression les étreint. Très vite, ce qui devait être un été idyllique se transforme en cauchemar : le squelette d’un enfant est déterré dans les environs et, peu après, Fynn disparaît. Alors que ses parents remuent ciel et terre pour le retrouver, Rosa, une troublante jeune femme passionnée de botanique, découvre un terrible secret dissimulé au fond des bois. Y a-t-il un lien entre la disparition de Fynn et le petit squelette ? Et qu’en est-il de la cabane perchée dans le vieux frêne, un endroit sinistre qui semble encore habité ?
- Sept jours. Fabrice Colin
Un soir de neige, un couple se dispute dans sa voiture.
Les enfants dorment sur la banquette arrière. Après vingt ans de complicité, Marie a trompé Julien. Le ton monte.
Marie descend, claque la portière. Julien feint de poursuivre sa route, mais il fait nuit, c’est la tempête, alors il rebrousse chemin.
La forêt s’étend, impénétrable. Julien ratisse les environs pendant des heures : aucune trace de Marie. Une enquête est lancée ; elle ne donnera rien.
Sept ans s’écoulent, sept ans pendant lesquels Julien et les enfants doivent apprendre à vivre avec le mystère absolu de cette disparition.
- Le diplôme. Amaury Barthet
Jeune, intelligente, Nadia a toutes les compétences pour réussir. Il ne lui manque qu'un diplôme pour en attester et lui ouvrir les portes d'un avenir meilleur. Conquête pour certains, droit inné pour d'autres, ce sésame agit ici comme le révélateur d'un vaste mensonge érigé en système. Guillaume, prof de banlieue désabusé, va lui en offrir les clés. Mais si le mérite se monnaie au même titre que le sexe, le pouvoir et les idéaux, quel est le prix à payer?
- La passagère du silence. Fabienne Verdier
Tout quitter pour partir seule au n fond de la Chine communiste, à la recherche des secrets oubliés de la peinture traditionnelle chinoise, était-ce bien raisonnable ? C'est en tout cas ce qu'a décidé Fabienne Verdier : en ce début des années 1980, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts se retrouve dans une école d'art de la province du Sichuan et y affronte tous les obstacles, des difficultés de la vie quotidienne aux interdictions d'ordre politique. Oubliant l'Occident, elle devient l'élève de grands artistes méprisés et marginalisés par la Révolution culturelle, qui l'initient aux codes d'un art millénaire.
- La part du démon. Mathieu Lecerf
Une religieuse sauvagement assassinée et mutilée, à Paris, ça n'aurait jamais dû arriver. Qui voudrait tuer un ange?
Une religieuse sauvagement assassinée et mutilée, à Paris, ça n'arrive jamais. Pourtant, c'est la première affaire du lieutenant Esperanza Doloria à son arrivée au 36, rue du Bastion. Au couvent où enquêtent Esperanza et le capitaine Manuel de Almeida, la religieuse est décrite comme un ange.
Qui voudrait tuer un ange ?
Mais un mystère plane autour d'elle. À l'orphelinat où elle enseignait, les enfants semblent terrorisés... Certains prétendent même subir d'horrifiantes expériences. Disent-ils la vérité ou sont-ils manipulés ?
Bientôt, Esperanza sse retrouve seule face à un complot démoniaque que le diable lui-même renierait...
- Cheptel. Céline Denjean
Un adolescent surdoué tombe dans un torrent. Blessé, il est secouru par une étrange communauté auto vivrière dont la survie repose sur la peur de l'extérieur... Un vieux notaire résolu à percer le secret de sa naissance.
Un ado piégé en montagne, un jour de rando. Une jeune femme soumise aux ordres d'une mystérieuse Grande Prêtresse. Entre ces trois êtres si dissemblables en tout, il n'est qu'un seul point commun. Le Cheptel. Intégrée à la cellule TEH d'Interpol – pour Trafic d'Êtres Humains –, l'équipe du capitaine Eloïse Bousquet remonte une piste rouge de sang. Celle d'un monde clandestin où l'homme n'est que bétail – une marchandise, un jouet – à la merci des vices des puissants...
- Ame brisée. Akira Mizubayashi
Rei éprouva comme une brûlure d'estomac, une chaleur acide, à la fois intense et diffuse, qui vous monte à la gorge. Un énorme bloc d'émotions glacées se mettait à fondre peu à peu sous l'effet de cette chaleur intérieure dormante. Le temps se défossilisait, recommençait à trembler."Tokyo, 1938. En pleine guerre entre le Japon et la Chine, quatre violonistes amateurs se réunissent régulièrement pour répéter. Un jour, ils sont interrompus par des soldats, soupçonnés de comploter contre le pays. Caché dans une armoire, Rei assiste à l'arrestation de son père. Cet événement constitue pour lui la blessure première qui déterminera son destin... Mais le passé peut-il être réparé ?
- Toutes les époques sont dégueulasses. Laure Murat (réservé à la BDP)
Depuis quelques années, un malaise s’est installé dans la culture contemporaine. Ici on récrit les classiques pour les purger du racisme et du sexisme, ailleurs on en appelle à une surenchère de contextualisations et on s’appuie sur des sensitivity readers (démineurs éditoriaux). Et si la question qui sous-tend ce vaste débat était mal posée ? S’il s’agissait, dans bien des cas, d’argent et non d’éthique ? Si la censure n’était pas du côté qu’on croit ? Si les précautions prises à tout contextualiser produisaient à terme un effet pervers ? À l’aide d’exemples concrets et finement analysés, notamment des œuvres de Ian Fleming, Agatha Christie, Roald Dahl, Hergé, Claire de Duras ou encore Mark Twain, Laure Murat tente de rebattre les cartes d’une polémique qui, à force d’amplifier, brouille les vrais enjeux de la création et de sa dimension politique.
Le 1er comithé lecture de l'année a réuni ses participants et habituels et continue de recevoir de nouvelles personnes. Dans une ambiance toujours conviviale et autour d'un bon thé, voici donc la liste des coups de coeur littéraires des participants et participantes du comithé lecture:
- Tant que le café est encore chaud. Toshikazu KAWAGUCHI
Dans une petite ruelle de Tokyo se trouve Funiculi Funicula, un petit établissement au sujet duquel circulent mille légendes. On raconte notamment qu’en y dégustant un délicieux café, on peut retourner dans le passé. Mais ce voyage comporte des règles : il ne changera pas le présent et dure tant que le café est encore chaud. Quatre femmes vont vivre cette singulière expérience.
- Les vivants au prix des morts. René FREGNI
Chaque midi, sur les quais du Vieux-Port, les poissonnières se mettent à crier : "Les vivants au prix des morts !" Et l'on se demande s'il s'agit du poisson ou de tous ces hommes abattus sur un trottoir, sous l'aveuglante lumière de Marseille... René préfère à l'agitation de la ville la quiétude de l'arrière-pays et la douceur d'Isabelle. Mais Kader, un détenu qu'il a rencontré lorsqu'il animait des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes, s'est évadé. Kader, un encombrant revenant, belle gueule de voyou, braqueur multirécidiviste, spécialiste de l'évasion, traqué par toutes les polices, est en quête d'une planque.
- Les aiguilles d'or. Michael MacDowell
Dans le New York de la fin du XIXe siècle coexistent deux mondes que tout oppose. D’un côté, l’opulence et le faste. De l’autre, le vice monnayé et l’alcool frelaté. C’est à leur frontière, au coeur de l’infâme Triangle Noir, qu’une famille fortunée va chercher à asseoir sa notoriété en faisant mine de débarrasser la ville de sa corruption. Les Stallworth, dirigés d’une main de fer par leur patriarche, l’influent et implacable juge James Stallworth, assisté de son fils Edward, pasteur aux sermons incendiaires, et de son gendre Duncan Phair, jeune avocat à la carrière prometteuse, ont un plan impeccable : déraciner le mal en éradiquant une lignée corrompue de criminelles : les Shanks.
- L'amulette. Michael MacDowell
Alabama, 1960. Alors que Dean Howell fait ses classes avant d'être envoyé au Vietnam, un accident le laisse dans un état végétatif. Sa femme Sarah voit alors sa morne vie devenir un enfer : après de longues journées à l'usine, elle doit s'occuper de son mari léthargique, tout en supportant son odieuse belle-mère, Jo, qui accuse la ville entière du sort de son fils. Lorsque celle-ci offre une étrange amulette à l'homme qu'elle tient pour responsable, se met en branle une implacable danse macabre. Et tandis que meurtres inexplicables et morts accidentelles s'enchainent, Sarah doit faire face à l'impossible réalité : cette amulette joue peut-être un rôle dans cette hécatombe et elle doit a tout prix mettre la main dessus.
- Je suis ma liberté. Nasser Abu SRUR
Incarcéré à perpétuité dans les geôles israéliennes, Nasser a dit adieu au monde. Au fil des années, un lien particulier s'est noué entre ce Palestinien et le mur qui lui fait face : celui-ci s'anime, répond et change d'apparence selon que l'espoir ou le renoncement domine. Surtout, il lui inspire ce texte. Depuis sa cellule, Nasser raconte son histoire et celle de son peuple comme s'il les extirpait du mur, faisant surgir par ses mots le monde qu'il a quitté. Lorsque Nanna, une jeune avocate qui rend visite aux prisonniers, s'éprend de cette âme libre, le monologue du condamné devient dialogue ardent. Mais l'amour peut-il patienter ? Tels les Bédouins puisant dans un lexique infini pour décrire le désert, Nasser Abu Srour fait de sa prison un univers en expansion. Entre réalité et onirisme, Je suis ma liberté est un hommage visionnaire au pouvoir émancipateur de la littérature.
- James. Percival EVERETT
« Ces gamins blancs, Huck et Tom, m’observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j’étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. [...] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent. » Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable. James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne. Ce grand roman d’aventures, porté par les flots tourmentés du Mississippi, pose un regard incisif entièrement neuf sur la question du racisme. Mais James est surtout l’histoire déchirante d’un homme qui tente de choisir son destin.
- Les deux morts de Charity Quinn. Katerina AUTET
Bienvenue à Georgetown, quartier huppé de Washington. C'est ici que réside Charity Quinn, une avocate de renom. À l'approche de Noël, Charity est victime d'un accident qui la laisse défigurée. Ou serait-ce une tentative de meurtre ? Celle qui a passé sa vie à parler pour les autres se mure dans le silence. À croire qu'elle espère que le coupable s'en sorte...
Dans cette enquête menée par deux détectives débutants, une seule certitude : le bien comme le mal sont une question de point de vue.
- Le lac de nulle part. pete Fromm
Un huis clos à ciel ouvert, qui mêle drame familial et amour des grands espaces. Un succès porté par les libraires. Trig et Al, frère et soeur jumeaux, n'ont plus de contact avec leur père depuis des années. Et voilà qu'il réapparaît en réclamant « une dernière aventure » ensemble : un mois à sillonner en canoë un dédale de lacs du Canada. À la fois excités de retrouver la complicité de leur enfance et intrigués par ces retrouvailles soudaines, les jumeaux acceptent le défi. Mais dès le départ, un malaise s'installe : leur père a étrangement mal préparé l'expédition, qui s'annonce pourtant périlleuse. Alors qu'ils s'enfoncent dans la nature sauvage, le comportement de leur père les étonne de plus en plus.
- Les lionnes persanes. Marjane KAMALI
Téhéran, 1950. L'année de ses sept ans, Ellie a tout perdu : son père, son confort, et l'insouciance de son enfance dorée. Dans les ruelles modestes de son nouveau quartier, elle trouve refuge dans l'amitié lumineuse de Homa, une fillette courageuse et indomptable. Ensemble, elles apprennent à cuisiner, explorent les allées bigarrées du grand bazar et rêvent de devenir aussi fortes et libres que des lionnes. Mais lorsqu'Ellie retrouve le luxe et l'élitisme d'une vie bourgeoise, leurs chemins se séparent. Leurs retrouvailles, des années plus tard, viennent de nouveau bouleverser leur existence et réveiller leurs ambitions communes. Jusqu'à ce qu'un jour, la politique instable d'un Iran en pleine tourmente les pousse à une trahison lourde de conséquences.
- L'immeuble Yacoubian. Alaa AL-ASWANY
Construit en plein cœur du Caire dans les an nées 1930, vestige d’une splendeur révolue, l’immeuble Yacoubian constitue un creuset socioculturel très représentatif de l’Égypte du XXIe siècle. Dans son escalier se croisent ou s’ignorent Taha, le fils du concierge, qui rêve de devenir policier ; Hatem, le journaliste homosexuel ; le vieil aristocrate Zaki, perdu dans ses souvenirs ; Azzam, l’affairiste louche aussi bigot que lubrique ; la belle Boussaïna, qui voudrait travailler sans avoir à subir la convoitise d’un patron…
Témoin d’une époque, Alaa El Aswany pose, sans juger, un regard tendre sur des personnages qui se débattent tous dans le même piège, celui d’une société dominée par la corruption politique, la montée de l’islamisme, les inégalités sociales, l’absence de liberté sexuelle et la nostalgie du passé.
Comithé lectures du vendredi 5 décembre
Le comithé lecture de vendredi dernier s'est réuni dans une ambiance chaleureuse et conviviale autour d'un bon thé et de chocolats, de pain d'épices et bien entendu de coups de coeur littéraires. Voici les titres évoqués durant ce dernier thé lectures:
- Kolkhoze. Emmanuel Carrère.
Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.
- Je suis ma liberté. Nasser Abu Srour
Incarcéré à perpétuité dans les geôles israéliennes, Nasser a dit adieu au monde. Au fil des années, un lien particulier s'est noué entre ce Palestinien et le mur qui lui fait face : celui-ci s'anime, répond et change d'apparence selon que l'espoir ou le renoncement domine. Surtout, il lui inspire ce texte. Depuis sa cellule, Nasser raconte son histoire et celle de son peuple comme s'il les extirpait du mur, faisant surgir par ses mots le monde qu'il a quitté. Lorsque Nanna, une jeune avocate qui rend visite aux prisonniers, s'éprend de cette âme libre, le monologue du condamné devient dialogue ardent. Mais l'amour peut-il patienter ? Tels les Bédouins puisant dans un lexique infini pour décrire le désert, Nasser Abu Srour fait de sa prison un univers en expansion. Entre réalité et onirisme, Je suis ma liberté est un hommage visionnaire au pouvoir émancipateur de la littérature.
- Entre toutes. Franck Bouysse.
Franck Bouysse, une fois n'est pas coutume, livre avec une pudeur saisissante l'histoire de sa famille et prouve ici qu'il est aussi talentueux dans le récit de l'intime que dans la fresque romanesque. C'est beau et déchirant, c'est plein d'allégresse et de tragique : c'est la vie comme elle va.
- Nourrices. Séverine Cressan.
Dans ce village, c'est du corps des femmes qu'on tire l'argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son propre enfant à peine sevré, accueille chez elle comme tant d'autres une "petite de la ville". Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à ses côtés un carnet qui raconte son histoire. Elle ne pourrait veiller sur ces trois nourrissons et quand celle dont elle a la garde meurt dans son sommeil, elle n'hésite pas à échanger les bébés. L'enfant mystérieuse prend la place de Gladie, cette petite fille qui lui avait été confiée...
Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d'une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraine dans un univers où la nature et l'enchantement ne sont jamais loin et réinvente l'histoire de ces mères invisibles.
- Le Christ s'est arrêté à Eboli. Carlos Lévi
"Le Christ s'est arrêté à Éboli", disent les paysans de Gabliano, petit village de Lucanie, tellement ils se sentent abandonnés, misérables. L'auteur, antifasciste, a vécu là, en résidence surveillée, de 1935 à 1936. L'histoire de son séjour forcé parmi ces gens frustes et douloureux a été un des grands événements de la littérature italienne.
- Confiteor. Jaume Cabré.
Avant que la lucidité ne le quitte à jamais, un homme écrit à la femme de sa vie, dans le chaos absolu d’une mémoire vacillante, de longs feuillets recto/verso. D’un côté : l’itinéraire d’un enfant sans amour et l’affliction d’un adulte sans dieu ; de l’autre : l’histoire du Mal souverain. «Confiteor» (en latin : «je confesse») est une véritable cathédrale profane.
- L'ombre du vent. Carlos Ruiz Zafon
Daniele Sempere a presque onze ans lorsqu’il pénètre pour la première fois dans un lieu secret nommé “Le Cimetière des Livres oubliés”. Il doit, dans cette bibliothèque labyrinthique, aller à la rencontre du texte qui l’accompagnera tout au long de sa vie. Mais il va apprendre qu’on ne choisit pas un livre, c’est lui qui nous adopte. Élevé au rang de classique contemporain, “L’Ombre du vent” est une quête, celle de la littérature, intimement liée à la vie, mais toujours plus forte que celle-ci.
- Transylvania. Nicolas Beuglet.
Encore aujourd'hui, on prétend que le château de Bran, en Transylvanie, était la propriété du comte Dracula. Rares sont ceux qui s'arrêtent dans cet hôtel reculé, cerné par la neige et la glace. L'endroit paraît habité par des fantômes depuis la nuit des temps. C'est là que la jeune inspectrice Mina Dragan est envoyée pour enquêter sur un meurtre étrange. Un cadavre gît dans une chambre. Celui de l'unique client de l'établissement. À ses côtés traîne une vieille malle verrouillée. Avant de disparaître, l'assassin a inscrit un tatouage énigmatique sur la main de sa victime. Mina Dragan ne le sait pas mais c'est pour elle le début d'un jeu de piste terrifiant qui lui fera découvrir la face cachée et peut-être pas si imaginaire des contes de fées de notre enfance. Et si la clé de tous ces mystères se trouvait dans un seul livre ? Un livre fondateur. Il était une fois Transylvania...
Bonne lecture à tous !
Compte rendu du comithé lectures du 7 novembre 2025
Ce vendredi 7 novembre, le comithé lectures s'est réuni dans une bonne ambiance autour d'un bon thé. Voici ci-dessous, les titres évoqués par les participant(e)s:
Chien 51. Laurent Gaudé
Un matin, dans un quartier miséreux de la zone 3 de Magnapole, un corps est retrouvé ouvert le long du sternum. Zem Sparak, “chien” de son état, est appelé sur les lieux rongés par les pluies acides. Placé sous la tutelle de Salia Malberg, une ambitieuse inspectrice de la zone 2, il se lance dans une investigation qui va rompre le renoncement dans lequel il s’est depuis longtemps retranché. Pourtant, bien avant que la Grèce ne meure, avant qu’elle ne soit rachetée par le consortium GoldTex, Sparak y a connu l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi. Sous les ciels en furie d’une mégalopole privatisée, “Chien 51” se fait l’écho de notre monde inquiétant. Mais ce roman abrite aussi le souvenir ardent de ce qui fut, à transmettre pour demain, comme un dernier rempart à notre postmodernité.
Salina. Laurent Gaudé
Trois fois exilée, Salina incarne le rejet de l'étrangère comme l’humiliation faite aux femmes trop libres. Enfant-malheur abandonnée par les siens dès sa naissance, elle n’est sauvée des hyènes que pour être livrée à la méchanceté du monde. Au lendemain de sa mort, son fils Malaka raconte sa vie. Peu à peu, ses mots transforment une existence de larmes en destinée légendaire, et la marginalité en signe d’élection. De cette tragédie hors du temps et des lieux, Laurent Gaudé a d’abord fait une pièce de théâtre avant de livrer cette épopée contemporaine captivante, qui est aussi une célébration de la puissance du verbe.
Le cercle des jours. Ken Follett
Seft est tailleur de silex. Sous la chaleur estivale, il traverse la Grande Plaine pour participer aux célébrations du solstice d'été qui marquent une nouvelle année. Il espère y vendre le fruit de son travail... et revoir Neen dont il est épris. Issue d'une famille puissante d'éleveurs, la jeune fille pourrait lui offrir une nouvelle vie, loin de la violence de son clan. Mais c'est Joia, la soeur de Neen, qui va changer le destin de tous. Visionnaire et déterminée, elle rêve de bâtir un immense cercle de pierres pour rassembler les communautés ennemies de la plaine. À ses côtés, Seft va s'engager dans un projet fou : ériger un monument sacré, malgré la sécheresse, les mauvaises récoltes et les conflits qui s'intensifient. Mais quand un acte d'une cruauté insoutenable déclenche la guerre, le rêve de paix et d'unité menace de s'effondrer... Dans son nouveau roman, Ken Follett, le maître incontesté du roman épique, explore les origines de l'un des plus grands mystères de l'humanité : les pierres géantes circulaires de Stonehenge.
Les éléments. John Boyne
D’une mère en fuite sur une île à un jeune prodige des terrains de football en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes, et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale. Grâce à une prose envoûtante, John Boyne sonde les éléments et les êtres avec une empathie extraordinaire et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de l’innocence.
Comme en amour. Alice Ferney
Comment naît l’amitié ? Par quelles étapes passe-t-elle pour croître et s’affermir ? Qu’est-ce qui peut la détruire ? Que tolère-t- on de ses amis ? Peut-on rester indifférent à leurs goûts, à leurs idées politiques, à la manière dont ils traitent les autres ? Comment l’amitié s’accommode-t-elle des élans amoureux ? Et une femme peut-elle être l’amie d’un séducteur ? Pour le savoir, Alice Ferney livre un homme et une femme à une rencontre. Marianne, vive et franche, styliste renommée, ancrée dans sa famille. Cyril, secret, caustique, célibataire et séduisant, chroniqueur de la vie artistique. À la faveur d’une interview, leur complicité est immédiate. Bientôt ils se parlent tous les jours. Leur conversation devient libre et intime. Dans le “tourbillon de la vie”, chacun tour à tour écoute, réconforte, propose son aide, mais quand viennent les grandes décisions, chacun n’a-t-il pas aussi son domaine réservé ? En quarante chapitres enlevés, aussi dialogués que le lien qu’ils explorent, Alice Ferney souligne les formes, la valeur et la fragilité de l’amitié entre homme et femme. Vingt-cinq ans après "La Conversation amoureuse", elle écrit une conversation amicale, comme le second volet d’un diptyque dans lequel la parole crée la relation. Parce qu’en amitié "comme en amour", on se parle, d’abord et toujours.
Les vivants. Ambre Chalumeau
Comment naît l’amitié ? Par quelles étapes passe-t-elle pour croître et s’affermir ? Qu’est-ce qui peut la détruire ? Que tolère-t- on de ses amis ? Peut-on rester indifférent à leurs goûts, à leurs idées politiques, à la manière dont ils traitent les autres ? Comment l’amitié s’accommode-t-elle des élans amoureux ? Et une femme peut-elle être l’amie d’un séducteur ? Pour le savoir, Alice Ferney livre un homme et une femme à une rencontre. Marianne, vive et franche, styliste renommée, ancrée dans sa famille. Cyril, secret, caustique, célibataire et séduisant, chroniqueur de la vie artistique. À la faveur d’une interview, leur complicité est immédiate. Bientôt ils se parlent tous les jours. Leur conversation devient libre et intime. Dans le “tourbillon de la vie”, chacun tour à tour écoute, réconforte, propose son aide, mais quand viennent les grandes décisions, chacun n’a-t-il pas aussi son domaine réservé ? En quarante chapitres enlevés, aussi dialogués que le lien qu’ils explorent, Alice Ferney souligne les formes, la valeur et la fragilité de l’amitié entre homme et femme. Vingt-cinq ans après "La Conversation amoureuse", elle écrit une conversation amicale, comme le second volet d’un diptyque dans lequel la parole crée la relation. Parce qu’en amitié "comme en amour", on se parle, d’abord et toujours.
Trois fois la colère. Laurine Roux
Dans les Alpes, à l'époque médiévale, une histoire qui s'empare de questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, le hiatus entre la justice et la vengeance, la tension entre l'empire du passé et les identités à inventer. À quoi s'ajoute ce personnage central de l'œuvre de Laurine Roux : la nature, promesse de refuge, symbole de l'espoir et de la révolte. " Avant toi, il y a eu des fautes. Avec toi, il y en aura. Il faudra réparer. " Le temps des croisades. D'un coup d'épée, une jeune fille tue son grand-père, dit Hugon le Terrible. Ce geste prend racine plusieurs générations en arrière, aux confins des Alpes, où jadis sont nés des triplés affublés d'une mystérieuse tache au cou. Aucun des enfants – séparés au berceau – ne saura rien des deux autres, jusqu'à ce que le destin les entraîne tous dans une formidable épopée mêlant rébellion, vengeance et soif de justice. Dans Trois fois la colère, Laurine Roux s'empare des grandes questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, l'emprise du passé, les identités à inventer, la réparation des victimes. Le tout campé dans une nature souveraine, symbole de l'amour et de l'espoir.
Un pont sur la Seine. Pauline Dreyfus.
D’un côté de la Seine, le village de Champagne. De l’autre, celui de Saint-Amand. Un pont est construit à la fin du XIXe siècle pour les relier. A Saint-Amand, chez les Vernet, on est viticulteur de toute éternité. Le patriarche compte sur ses deux fils pour poursuivre l’exploitation de son fameux chasselas. Mais voilà qu’advient une nouveauté incroyable : le XXe siècle. Il ne sera pas comme le précédent, lequel avait été comme tous les autres, rural. En 1902, une usine ouvre à Champagne. En 1914, c’est la guerre et sa prodigieuse mécanisation. Georges Vernet prend un emploi à l’usine, son frère Lucien est tué au front. Et voici l’évolution dramatique des Vernet, à cause de ce pont qui a rattaché deux villages, deux temps, deux France. Les femmes s’en mêlent. Le jour où une fille de Saint-Amand tombe amoureuse d’un ingénieur de Champagne, l’indignation explose. Et puis l’autre guerre, et puis la mondialisation, et, à chaque fois, conflits et trahisons. Les ponts ne permettent pas toujours de relier, Champagne n’est pas toujours synonyme de fête. Dickens a écrit Un conte de deux villes pour montrer une partie de l’histoire de la révolution politique ; voici un conte de deux villages qui nous raconte l’histoire d’une révolution sociale à travers les inoubliables figures de la famille Vernet. Un roman familial de la France.
Bonne lecture à tous !
Comithé lecture du vendredi 3 octobre
Ce vendredi 3 octobre, les participants au comithé lecture ont pu découvrir en avant première les nouveaux romans adultes acquis par la médiathèque. Ils ont aussi évoqué leurs livres coup de coeur. les voici ci-dessous; n'hésitez pas à les réserver auprès de vos bibliothécaires!
La juive de Shangaï. Marek Halter
Un roman vrai sur un incroyable exode oublié;
Berlin, 1937. Ruth, juive et talentueuse couturière de 22 ans, se lie d'amitié avec Clara, jeune résistante allemande. Pourchassées, elles décident de rejoindre une destination inattendue : Shanghai, où des milliers de juifs se sont réfugiés. Clara est la première à partir pour la Chine. Ruth, elle, doit traverser l'Europe entière... jusqu'en Sibérie. Grâce au consul japonais de Lituanie, elle obtient un visa pour Kōbe, le grand port du pays du soleil‑levant. Parvenue enfin à Shanghai – ville bouillonnante où se côtoie un monde interlope d'espions, de trafiquants d'opium et de résistants –, elle y retrouve miraculeusement Clara, devenue agente des communistes. La suite ? C'est Bo Xiao-Nao, la fille de Ruth, qui la raconte. orpheline, elle tombe sur un carnet tenu par sa mère. En le feuilletant, elle découvre, bouleversée, le destin fascinant de celle qu'on appellera à jamais la Juive de Shanghai...
Comme tous les après-midi. Zoya Pirzad
Alieh, Rowshanak ou Raheleh sont souvent à leur fenêtre. Entre riz pilaf aux lentilles et les pétunias, le voile et une paire de bas, le mari, les enfants, les aïeuls ou les voisines, elles guettent ce qui va venir conforter ou bousculer leurs habitudes. Au fil des saisons et des générations de femmes, flotte sur ce recueil de nouvelles un parfum de mystère étrange et pénétrant. Par touches légères, se dessine en filigrane, parfois à la lisière du fantastique, un portrait discret mais audacieux de la femme iranienne. Dans un style sobre, Zoyâ Pirzâd épingle comme un papillon rare la fuite du temps et déjoue d’un regard incisif les pièges de la vie quotidienne.
Ecouter les eaux vives. Emmanuelle Favier
Adrian Ramsay est «oreille d’or» à bord d’un sous-marin nucléaire de la Royal Navy. Isolée du reste du monde, la jeune femme est chargée d’écouter et d’identifier les bruits des profondeurs. Jusqu’au jour où, par l’un de ces hasards que sait faire surgir l’existence, elle rencontre Abel Lorca. Il est aveugle et vit dans une maison loin de tout, au bord de la mer, en Bretagne. Une intense passion amoureuse, dévastatrice, naît entre eux, une passion qui les mènera des rivages de l’Atlantique à ceux de la Méditerranée, là où tout a commencé. Emmanuelle Favier renoue, de sa plume magnifiquement ciselée, avec la veine romanesque du Courage qu’il faut aux rivières.
Glaise. Franck Bouysse
Au cœur du Cantal, dans la chaleur de l’été 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d'à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d'une main atrophiée, ressasse ses rancunes et sa rage. Et voilà qu'il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille, Anna, venues se réfugier chez lui. L'arrivée des deux femmes va finir de bouleverser un ordre jusque-là immuable et réveiller les passions enfouies.
Le Monde d'hier: Souvenirs d'un Européen. Stefab Zweig
Rédigé en 1941 au Brésil où le triomphe du nazisme en Autriche a contraint Zweig à émigrer, Le Monde d'hier raconte une perte : celle d'un monde de sécurité et de stabilité apparentes, où chaque chose avait sa place dans un ordre culturel, politique et social qui nourrissait l'illusion de l'éternité. Un monde austro-hongrois et une ville sans égale, Vienne, qu'engloutira le cataclysme de 1914. Dans ce qui est l'un des plus grands livres-témoignages sur l'évolution de l'Europe de 1895 à 1941, Zweig retrace dans un va-et-vient constant la vie de la bourgeoisie juive éclairée, moderne, intégrée, et le destin de l'Europe jusqu'à son suicide, sous les coups du nationalisme, de l'antisémitisme, de la catastrophe de la Première Guerre mondiale et de l'effondrement de l'Empire austro-hongrois, sans oublier le rattachement de Vienne au Reich national-socialiste. Ce tableau d'un demi-siècle de l'histoire de l'Europe résume le sens d'une vie, d'un engagement d'écrivain, d'un idéal d'une République de l'intelligence par-dessus les frontières. Chemin faisant, le lecteur croise les amis de l'auteur : Schnitzler, Rilke, Rolland, Freud, Verhaeren ou Valéry.
Vert paradis: Livres I et II. Max Rouquette
«Vert paradis» trouve sa source dans l’austérité lumineuse des arrière-pays languedociens, ce “pays au reflet de légende”. En puisant dans les réminiscences d’une enfance profondément marquée par le contact avec la nature sauvage et en se réappropriant le matériau bruissant des contes issus de la tradition orale occitane, Max Rouquette chante la beauté universelle et tragique du monde et élève au rang du mythe les personnages les plus humbles de la vie quotidienne.
Ainsi, sous sa plume, le chasseur blessé qui agonise, la très jeune prostituée d’Arles qui va s’offrir aux gardians dans un mas de Camargue, le musicien prodige qui fait danser le diable, le vagabond sans autre attache que “la bonté de la nuit” ou encore le renard qui meurt de soif dans un bassin asséché deviennent les symboles vivants de l’humaine condition.
Portée par une langue charnelle et éblouie, l’oeuvre majeure de Max Rouquette s’impose par son rythme et sa puissance poétique.
Des enfants uniques. Gabrielle de Tournemire (Coup de ?des bibliothécaires)
Hector et Luz sont amoureux depuis l'adolescence. Aux yeux du monde, pourtant, ils sont incompatibles : du panel des amours possibles est exclu le leur. Redouté par leurs familles respectives, empêché par la société, il n'a nulle place où s'installer. Hector et Luz sont handicapés et, visiblement, leurs coeurs ont des raisons que les autres font mine d'ignorer. Malgré tout, par leur force et la grâce des rencontres, celle de Carlo notamment, leur éducateur, un couple se construit. Roméo et Juliette fragiles et entravés, ils vont chercher à abattre petit à petit les obstacles, dont celui, si tenace, de l'infantilisant regard de l'autre. Avec une écriture aussi incarnée que précise, Gabrielle de Tournemire livre un roman d'apprentissage, chemin de compréhension de soi et de l'autre, micro-fresque de la naissance possible d'une famille différente, unique.
Bonne lecture !
Comithé lectures du vendredi 5 septembre 2025
Bonjour à tous,
Voici, ci-dessous le compte rendu des titres de livres évoqués pendant le comithé lectures du vendredi 5 septembre dernier. Le "comithé" s'est retrouvé dans une ambiance simple et chaleureuse avec beaucoup d plaisir!
- Paroles pour cette terre. Marcelle Delpastre
Grande lectrice de la Bible, Marcela Delpastre a adopté la forme du psaume et son unité d’écriture le verset au début des années 1960, au moment d’ailleurs qu’elle commençait à écrire en limousin. La grande époque de cette forme poétique, tant en occitan qu’en français (le millier d’excellents qu’elle nous a laissés se partage équitablement entre ses deux langues), est un cycle de sept ans qu’elle déroule d’une plume féconde de 1965 à 1971. C’est alors son grand mode d’expression, et son œuvre, y tînt-elle tout entière, vaudrait qu’on lui en fît gloire, tant il y a là de petites merveilles et nombre de chefs-d’œuvre absolus.
- Haute pierre. Patrick Cauvin
Un homme, une femme et un enfant surdoué s'installent pour quatre saisons qui s'annoncent merveilleuses dans un vieux manoir, Haute-Pierre.Après un été splendide, l'automne se referme sur Haute-Pierre où d'étranges phénomènes se produisent soudain. Mais, aujourd'hui, qui peut encore croire aux maisons hantées ?Vous serez envoûté par ce roman de Patrick Cauvin, qui conjugue romantisme et humour avec un fantastique sens du suspense.De rebondissement en rebondissement, le lecteur n'a pas le temps de souffler.Jacques Duquesne, Le Point.Tendresse, imagination, coup de théâtre final - je ne le révélerai pas -, c'est savamment mené. Le genre de livre que l'on voudrait avoir écrit. Et qui donne envie d'écrire.Pierre Tchernia, Atouts.
- Le livre de Kells. Sorj Chalandon
À 17 ans, après avoir quitté le lycée, Lyon et sa famille, il arrive à Paris où il va connaître, durant presque un an, la misère, la rue, le froid, la faim.
Ayant fui un père raciste et antisémite, il remonte l’existence sur le trottoir opposé à celui de ce Minotaure sous le nom de Kells, en référence à un Evangéliaire irlandais du IXème siècle. Des hommes et des femmes engagés vont un jour lui tendre une main fraternelle pour le sortir de la rue et l’accueillir, l’aimer, l’instruire et le réconcilier avec l’humanité.
Avec eux, il découvre un engagement politique fait de solidarité, de combats armés et d’espoirs mais aussi de dérapages et d’aveuglements. Jusqu’à ce que la mort brutale de l’un de ces militants, Pierre Overney, pousse La Gauche Prolétarienne à se dissoudre.
- La pommeraie. Peter Heller
Frith a six ans quand sa mère Hayley, professeure et traductrice de poésie chinoise, décide de plaquer sa carrière universitaire pour venir s’installer dans une cabane rustique au pied des montagnes du Vermont et s’inventer une vie libre et belle. Ce retour à la terre est rude, mais toutes deux subsistent grâce à la pommeraie qui flanque leur terrain et au sirop d’érable qu’elles produisent. Scolarisée à domicile, l’intrépide Frith s’imagine reine de leur paradis sauvage, ignorant tout des peines et des regrets qui ont poussé Hayley à se réfugier ici. Saison après saison, mère et fille vivent en autarcie, affrontant “le monde et ses déceptions main dans la main”, jusqu’au jour où Rose, une artiste locale, frappe à leur porte et bouleverse leur existence.
Comithé lectures du vendredi 6 juin
Le comithé lecture s'est déroulé dans une bonne ambiance de fin d'année scolaire ! Eh oui, c'est le dernier comithé lectures de "l'année"; nous reprenons en septembre. En attendant, voici la liste des livres partagés par nos lectrices en ce jour:
- Alice au pays des idées. Roger-Pol Droit
Alice s'inquiète du sort de la planète et de l'humanité. Elle se demande aussi ce que sera son existence. Son rêve : trouver la phrase décisive qui ne la quittera plus, la guidera toujours et partout... Basculant au pays merveilleux des idées, Alice va sillonner les siècles et les civilisations à la rencontre des sages et des philosophes qui, de l'Antiquité à nos jours, ont cherché à comprendre le monde. Un passionnant roman initiatique, drôle et accessible à tous, pour découvrir l'histoire des idées et le sens de nos vies.
- Le pouilleux massacreur. Ian Manook
« Je m’appelle Sorb, c’est le diminutif de Sorbonne. Ceux de la bande m’ont donné ce surnom parce qu’ils me trouvent plus instruit qu’eux. Ce ne sont pas vraiment des voyous, juste une bande. Des mecs de Meudon-la-Forêt, c’est tout. On zone, on fout la pagaille, on choure deux ou trois trucs, rien de méchant. »
Pourtant, un jour, une femme meurt à cause de l’un des leurs. Un accident, comme il dit, et il faut bien que les autres le couvrent quand la police arrive. Dans cette France de 1962, où la jeunesse s’ennuie dans des cités dortoirs, c’est pour eux le début d’une dégringolade vers le pire. Sorb sait que ceux de la bande finiront mal et que lui, peut-être, pourrait s’en sortir. Mais comment ?
Dans ce roman d’initiation aux accents autobiographiques, Ian Manook nous raconte une jeunesse qui promène sa désillusion des bars de banlieue aux rues chics de Paris et le destin d’un jeune gars aux rêves trop grands pour son HLM.
- Son odeur après la pluie. Cédric Sapin-Dufour
C’est une histoire d’amour, de vie et de mort entre un homme et son bouvier bernois, Ubac, qui, en même temps qu’il grandit, prend une place toujours plus centrale dans le quotidien du narrateur. Certaines pages, Ubac pue le chien, les suivantes, on oublie qu’il en est un, et l’on observe ces deux êtres s’aimant, tout simplement. Un lien mystérieux qui, se passant de mots, nous tient en haleine. Une existence inquiète et rieuse, intense, où tout va plus vite et qu’il s’agit de retenir. Et l’inéluctable séparation dont on ne voudrait pas mais qui lui donne toute sa substance. Reste ce fichu manque. Ces griffes que l’on croit entendre sur le plancher et cette odeur, malgré la pluie, à jamais disparue. Nul besoin d’être converti pour partager ces treize années d’intimité. Cette histoire est universelle.
- Les aiguilles d'or. Michael McDowell
Dans le New York de la fin du XIXe siècle coexistent deux mondes que tout oppose. D’un côté, l’opulence et le faste. De l’autre, le vice monnayé et l’alcool frelaté. C’est à leur frontière, au coeur de l’infâme Triangle Noir, qu’une famille fortunée va chercher à asseoir sa notoriété en faisant mine de débarrasser la ville de sa corruption. Les Stallworth, dirigés d’une main de fer par leur patriarche, l’influent et implacable juge James Stallworth, assisté de son fils Edward, pasteur aux sermons incendiaires, et de son gendre Duncan Phair, jeune avocat à la carrière prometteuse, ont un plan impeccable : déraciner le mal en éradiquant une lignée corrompue de criminelles : les Shanks.
- Dans le silence du vent. Louise Erdrich
Récompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l'année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d'un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera plus jamais comme avant. Il n'aura d'autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l'innocence.
La princesse de Zanzibar. Abdelaziz Baraka Sakin
À Zanzibar, à l'angle du marché aux esclaves et des étals des joailliers indiens, la belle Uhuru chante et danse au rythme du tambour. Africaine libre, experte en magie noire, elle a toujours échappé aux négriers. Son insolence fascine la fille du Sultan qui vit entre deux mondes : celui de son père, le sultanat de Zanzibar convoité par les Européens, et celui de Sundus, l'esclave eunuque devenu son amant. Alors que sur l'île gronde la révolte, la côte Est de l'Afrique apparaît comme un horizon salvateur, terre des origines pour Sundus, rêve d'évasion pour la princesse....
Le manoir oublié. Anna Jacobs [Trilogie : 1: La villa aux étoffes / 2: Les années de tourmente/ 3: Un nouvel espoir]
Un manoir, une famille puissante, un sombre secret... À Augsburg, près de Munich, en 1913, la jeune Marie est embauchée en cuisine à la Villa aux étoffes, la résidence des Melzer, propriétaires d'une imposante usine de textile. Alors que la jeune orpheline tente de tailler sa place parmi les serviteurs, les maîtres anticipent le début de la saison des bals hivernaux qui permettra à la belle Katharina, la cadette de la famille, de briller de tous ses feux en société. Paul, l'héritier principal, se tient loin de ce genre de mondanités, car il préfère de loin sa vie d'étudiant à Munich. Du moins jusqu'à ce qu'il croise Marie... Lorsque la Première Guerre mondiale déchire l'Europe et le reste du monde, la Villa et ses habitants seront aux premières loges du conflit et subiront des bouleversements dont les effets feront trembler toute la maisonnée, l'usine ainsi que ses employés. De quoi l'avenir de Marie et de tous ces gens qui sont devenus sa famille sera-t-il fait ?
- Les vivants. Ambre Chalumeau
« Elle demande de répéter. On demande toujours de répéter, alors qu’en fait on a très bien entendu. Quelque part dans notre crâne, un globule blanc se lève et pète du coude la vitre à ne casser qu’en cas d’urgence, celle qu’on pensait ne jamais avoir à briser : on sait qu’on devrait déclencher un protocole spécial pour accueillir la nouvelle, sauf que personne n’a été briefé, les stagiaires sont incapables, en plus on est samedi soir les bureaux sont déserts, y’a bien les anciens qui sauraient quoi faire, les vieux neurones du fond là, paniqués en permanence, ils nous ont dit qu’un jour ça pouvait arriver mais on les écoute plus ils radotent tellement, et maintenant qu’on a besoin d’eux putain ils sont où ? Et aussi simplement que ça, une nuit comme les autres devient un Début. »
-J'emporterai le feu. Leïla Slimani
"Mehdi se sécha, enfila un tee-shirt propre et un pantalon de toile, et il chercha au fond de sa sacoche le livre qu’il avait acheté pour sa fille. Il poserait sa main sur son épaule, il lui sourirait et lui ordonnerait de ne jamais se retourner. "Mia, va-t’en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n’est rien d’autre qu’une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu." Enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, Mia et Inès sont nées dans les années 1980. Comme leur grand-mère Mathilde, leur mère Aïcha ou leur tante Selma, elles cherchent à être libres chacune à sa façon, dans l’exil ou dans la solitude. Il leur faudra se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme parfois. Leïla Slimani achève ici de façon splendide la trilogie du Pays des autres. Une fresque familiale portée avec une grande justesse par la voix chaude de Suliane Brahim, et emportée par une poésie vigoureuse et un souffle d’une grande puissance.
Comithé lectures du vendredi 2 mai 2025
Ce vendredi 2 mai, la médiathèque a reçu les participants du comithé lectures dans une ambiance toujours joyeuse et détendue. Autour d'un bon thé, les lecteurs ont évoqué leurs coups de coeur littéraires et donné envie aux autres lecteurs ! Voici donc ci-dessous la liste des livres.
- "Les lendemains qui chantent". Arnaldur Indridasson
Pourquoi Pétur, ce teinturier sans histoire et père célibataire, a-t-il disparu un soir en laissant son fils sans famille et sans protection ? Qui pourrait identifier ce cadavre retrouvé sur la rive du lac Hafravatn ? Qu'est-ce que c'est que ce trafic de Lada d'occasion avec les marins soviétiques ? Et quelle surprise de retrouver dans les fondations d'un chantier le corps de Skafti, disparu des années auparavant et que Natan a avoué avoir noyé dans une île. N'y a-t-il que Konrad pour trouver tout ça bizarre et vouloir demander des explications à Leo, son coéquipier de l'époque ? Konrad mène une enquête gênante pour tout le monde, même lui, car elle met au jour un passé qui aurait gagné à rester caché. Il nous révèle l'existence de réseaux d'espionnage soviétiques en Islande dans les années 70 et comment des militants de gauche naïfs se sont trouvés embrigadés au nom de la Révolution soviétique. Haletant et troublant, ce roman très noir marque une étape dans l'oeuvre d'un Indridason plus "simenonien" que jamais.
- "L'alphabet du silence". Delphine Minoui
Göktay est professeur à l'université du Bosphore à Istanbul. Idéaliste, adoré de ses étudiants, il a séduit Ayla, professeure de français, avec un poème. La vie est douce quand on est jeunes, amoureux et parents comblés d'une petite fille.
Mais Göktay refuse de vivre dans une bulle. Pour avoir signé une pétition de plus, une pétition de trop, il est arrêté et jeté en prison. La répression menée par le président Erdogan s'abat, féroce et violente. Des milliers d'activistes, de journalistes, de fonctionnaires et d'universitaires sont réduits au silence par un pouvoir cynique, habile à manipuler l'opinion. Ayla s'était toujours retenue de s'engager : le confort du quotidien et sa famille comptaient par-dessus tout. Bouleversée de voir Göktay sombrer dans le désespoir et révoltée par l'injustice, elle décide de reprendre le flambeau. Un roman de colère et d'amour, traversé par l'Histoire.
- "Badawi". Mohed Altrad
Alors que sa mère, naguère répudiée, vient de mourir, un jeune Badawi – un Bédouin – brave les traditions et tourne le dos au destin qu’on avait tracé pour lui. Il ira à l’école. Mieux, il y brillera. Il partira ensuite pour la France réaliser son rêve : devenir quelqu’un, quelqu’un d’autre. D’une écriture sobre et sincère, nourrie de sa propre histoire, Mohel Altrad raconte le pays des sables, les blessures de l’exil et les combats de l’âme.
- "Le chant d'Haïganouch". Ian Manook
Ils en rêvaient : reconstruire leur pays et leur histoire. Comme des milliers d’Arméniens, Agop, répondant à l’appel de Staline, du Parti Communiste français et des principales organisations arméniennes de France, quitte sa famille et embarque en 1947 à bord du Rossia dans le port de Marseille. Mais, au bout du voyage, c’est l’enfer soviétique qu’il découvre. Sur les bords du lac Baïkal, Haïganouch, une poétesse aveugle, séparée de sa sœurlors du génocide de 1915, aujourd’hui traquée par la police politique, affronte, elle aussi, les tourments de l’Histoire. Des camps de travail d’Erevan aux goulags de Iakoutsk, leurs routes se croisent plus d’une fois, au fil d’une odyssée où la peur rencontre l’espoir, le courage et l’entraide.
- "Histoire du silence". Alain Corbin
Le silence n'est pas la simple absence de bruit. Il réside en nous, dans cette citadelle intérieure que de grands écrivains, penseurs, savants, femmes et hommes de foi, ont cultivée durant des siècles. À l'heure où le bruit envahit tous les espaces, Alain Corbin revient sur l'histoire de cet âge où la parole était rare et précieuse. Condition du recueillement, de la rêverie, de l'oraison, le silence est le lieu intime d'où la parole émerge. Les moines ont imaginé mille techniques pour l'exalter, jusqu'aux chartreux qui vivent sans parler. Philosophes et romanciers ont dit combien la nature et le monde ne sont pas distraction vaine. Une rupture s'est produite, pourtant, aux confins des années 1950, et le silence a perdu sa valeur éducative. L'hypermédiatisation du XXIesiècle nous contraint à être partie du tout plutôt que de se tenir à l'écoute de soi, modifiant la structure même de l'individu.
- "La librairie des livres interdits". Marc Lévy
Mitch, libraire passionné, est arrêté un matin pour un crime impensable : il a transgressé la loi en vendant des livres interdits. Après cinq années de prison, il n'a qu'un désir, retrouver sa liberté et sa librairie. Mais le destin en décide autrement. Le même jour, Mitch croise le procureur qui l'a fait condamner et rencontre Anna, une jeune chef qui pourrait bien être la femme de sa vie. Que faire quand on est pris entre une irrépressible envie de vengeance et une irrésistible envie d'aimer ? Peut-on rêver d'un avenir sans s'être acquitté du passé ? Une comédie brillante et engagée qui donne le goût de lire et d'aimer.
- "La petite fasciste". Jérôme Leroy
Dans une France en plein chaos politique et social, qu’ont de commun une jeune militante flamande identitaire de vingt ans et un député socialiste qui va remettre son siège en jeu sans vraiment y croire ? Pas grand-chose apparemment. C’est compter sans l’amour qui frappe où il veut et quand il veut, même dans un pays en proie à une violence généralisée qui vient de loin…
- "Triangle noir". Niko Tackian
Alertée par un message anonyme, la police criminelle de Strasbourg retrouve deux adolescents morts dans la forêt des Vosges, le corps marqué au fer par un triangle noir. Le commandant Max Keller, discret et silencieux, est chargé de l’affaire. Enfant, il était l’ami sur qui l’on peut compter, adulte, il est devenu un enquêteur remarquable, connu pour son intégrité et sa persévérance. Pendant ce temps, au nord de la forêt, le brillant criminologue Pierre Martignas, lui aussi intrigué par cette sombre histoire, sort de son chalet perdu, où il s’était coupé du monde depuis que sa dernière expertise s’était terminée en tragédie. Face à un ou des tueurs indéchiffrables incarnant le pire de la nature humaine, les deux enquêteurs devront user de toute leur intelligence, leur instinct et leur détermination.
- "Ecouter les eaux vives". Emmanuelle Favier
Adrian Ramsay est «oreille d'or» à bord d'un sous-marin nucléaire de la Royal Navy. Isolée du reste du monde, la jeune femme est chargée d'écouter et d'identifier les bruits des profondeurs. Jusqu'au jour où, par l'un de ces hasards que sait faire surgir l'existence, elle rencontre Abel Lorca. Il est aveugle et vit dans une maison loin de tout, au bord de la mer, en Bretagne. Une intense passion amoureuse, dévastatrice, naît entre eux, une passion qui les mènera des rivages de l'Atlantique à ceux de la Méditerranée, là où tout a commencé. Emmanuelle Favier renoue, de sa plume magnifiquement ciselée, avec la veine romanesque du Courage qu'il faut aux rivières.
Bonnes lectures !
Comithé lectures du vendredi 4 avril 2025
Ce vendredi, nous n'étions pas très nombreux au comithé lectures (dommage, il y avait de bons petits gâteaux!), cependant, dans une ambiance détendue, nous avons parlé des livres que nous avions lu et aimé. Voici donc les titres de ces livres ci-dessous:
- L'homme qui écoutait battre le coeur des chats. mathias Malzieu.
« Ils m'ont appelé Tornado comme le cheval de Zorro. Mon pelage est noir et mes yeux sont deux putains de pépites d'or... Autant le dire tout de suite, je suis absolument irrésistible. » Tornado et June sont deux chats consolateurs, adoptés par des maîtres qui ont perdu leur enfant à naître. Deux chats qui, nourris de poésie et de musique, se sont mis à penser et se racontent, à tour de rôle. Ils vivent sur une péniche avec « Ceux-qui-se-croient-leurs-maîtres ». Ces derniers ne sont pas très doués pour se reconstruire et June abrite en son coeur le fantôme de Macha, cette petite fille qui aurait pu naître. Mais quand le récit commence, un autre drame menace. Tornado est malade et n'a peut-être plus que quelques jours à vivre. Comment faire face à cette nouvelle perte qui s'annonce ? Un traitement miracle pourra-t-il le sauver ?
- Norferville. franck Thilliez
Détective et criminologue à Lyon, Teddy Schaffran apprend que le corps de sa fille a été découvert dans une ville minière très isolée du Grand Nord québécois, Norferville. Morgane a été sauvagement mutilée, abandonnée dans la neige non loin d'une réserve autochtone. Sans réfléchir, Teddy plaque tout pour se rendre sur place, bien décidé à comprendre ce qui s'est passé. Là-bas, Léonie Rock, une flic métisse, est mise sur l'affaire. Elle est alors contrainte de renouer avec cet endroit coupé de tout où elle est née et où, adolescente, trois inconnus l'ont violée. Un retour vers son enfer, alors que les températures frôlent les -20°C. Ensemble, ces deux êtres éprouvés par la vie vont se démener pour trouver des réponses malgré l'inhospitalité de la nature et des hommes.
- Le tableau du peintre juif. Benoit Severac
Une enquête croisée entre passé et présent sur les traces d'un peintre juif pour révéler de sombres secrets de l'Histoire...
L'oncle et la tante de Stéphane vident leur appartement et lui proposent de venir recupérer quelques souvenirs :
- Tu pourrais prendre le tableau du peintre juif.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Quel peintre juif ?
- Celui que tes grands-parents ont caché dans leur grenier pendant la guerre.
C'est ainsi que Stéphane découvre un pan de l'histoire familiale complètement ignoré. Eli Trudel, célèbre peintre, aurait été hébergé pendant l'Occupation par ses grands-parents, le tableau est la preuve de sa reconnaissance et Stéphane en hérite aujourd'hui. La vente de cette œuvre de maître pourrait être un nouveau départ pour son couple mais Stéphane n'a plus qu'une obsession : offrir à ses grands-parents la reconnaissance qu'ils méritent... Cependant quand le tableau est présenté aux experts à Jérusalem, Stéphane est placé en garde à vue, traité en criminel : l'œuvre aurait été volée à son auteur. Quel secret recèle cette toile ? Que s'est-il vraiment passé dans les Cévennes, en hiver 1943, pendant la fuite éperdue d'Eli Trudel et de sa femme ?
- L'héritage sans nom. Ellen Gustavsen
Un soir d’été, une bande d’amis se retrouve pour fêter l’entrée au lycée. La fête bat son plein, les relations se nouent, se dénouent, portées par les excès en tous genre et une insouciance toute juvénile. Mais lorsque les brumes de la nuit se dissipe, la descente est brutale : Elisabeth, seize ans, a été violée. Saisie par une rage vengeresse, elle commet un acte lourd de conséquences qui marquera les jeunes gens à jamais. Seize ans plus tard, le docteur Morten Haraldsen, gynécologue respecté et admiré, est retrouvé assassiné dans une mise en scène macabre. Le policier Lars Lukassen est mis sur le coup, mais son travail est parasité par une affaire privée qui l’obsède. À moins que ces trois affaires n’aient un lien ?
- La très catastrophique visite du zoo. Joel Dicker
LE livre à mettre entre toutes les mains. "Pendant des années, dans la petite ville où j'ai grandi, les esprits restèrent marqués par les évènements qui se produisirent au zoo local un vendredi de décembre, à quelques jours de Noël.
Et pendant toutes ces années, personne ne sut la vérité sur ce qui s'était réellement passé là-bas. Jusqu'à ce livre." À la veille de Noël, une visite scolaire dans un zoo tourne à la catastrophe. Que s'est-il passé exactement ? Les parents de Joséphine, qui participait à cette sortie et qui semble être l'une des protagonistes de cette affaire, sont bien déterminés à le découvrir. Dans cette quête de vérité, on comprend peu à peu qu'une catastrophe n'arrive jamais seule. Les apparences sont trompeuses et le récit des évènements va prendre une tournure que personne n'était près d'imaginer. La Très Catastrophique Visite du Zoo est une enquête qui nous tient en haleine jusqu'au bout, mais aussi un roman drôle et touchant, parsemé de clins d'œil sur nos modes sociétales (démocratie, éducation inclusive, rapports parents-enseignants). Et c'est justement le tour de force de ce livre, mêlant plusieurs niveaux de compréhension, qui émerveillera lecteurs de tous âges et tous horizons. Un livre pour lire et faire lire. À mettre entre toutes les mains !
Nous vous souhaitons de belles lectures!
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Comithé lectures du 7 mars 2025
Ce vendredi 7 mars, les participants du thé lectures ont partagé une multitude d'idées de lecture, et il y en a eu pour tous les goûts ! Du thriller domestique au roman japonais doux, en passant par le roman français, ou encore plus lointain roman d'une auteure paletinienne, les coups de coeur ont été nombreux et variés. Voici donc ci-dessous la liste des titres évoqués.
- L'homme qui tremble. Lionel Duroy
Je tourne la page, et ça y est, la chose est enfin dite : " Dans un entretien, observe Nathalie Léger, Marguerite Duras s'énerve un peu : "L'autoportrait, je ne comprends pas ce que ça veut dire. Non, je ne comprends pas. Comment voulez-vous que je me décrive ? Qui êtes vous, allez-y, répondez-moi, hein ? " " Qui je suis, moi ? C'est la question à laquelle je dois maintenant répondre. Lionel Duroy aura passé l'essentiel de son temps à écrire. A travers ses nombreux romans, il a tenté de démêler les fils d'une vie, éclairant au passage celles et ceux qui nous aident à grandir ou s'emploient à nous détruire, parfois sans le vouloir : nos parents, nos frères et soeurs, ceux que nous aimons, puis désaimons. Aujourd'hui, avec "L'homme qui tremble", il inverse les perspectives et, dans un autoportrait cruel et lumineux, s'interroge sur son propre rôle dans ce destin singulier.
- En secondes noces. Shari Lapena
Stéphanie pense vivre au paradis, mais le ver est dans la pomme... Sur le papier, Stephanie est comblée : un mari attentionné, une jolie maison dans un quartier huppé, d'adorables jumelles âgées de quelques mois. Certes, elle manque de sommeil et son moral s'en ressent. Mais bientôt les bébés feront leurs nuits, et tout ira mieux. C'était sans compter l'irruption de la blonde et vénéneuse Erica Voss. Alors que Patrick a toujours prétendu que sa première épouse était morte dans un accident de voiture, Erica présente une version des faits bien plus sordide. Une version qu'elle menace de rapporter à la police si on ne lui verse pas une grosse somme. Chantage ignoble ou révélation bouleversante ? Stephanie ne sait plus qui croire...
- Nos insomnies. Clothilde Salelles
"Comme toutes les familles, nous avions un secret. Ce secret, c'était que la nuit, nous ne dormions pas." Dans un village de l'Essonne, à la fin des années 1990, une petite fille grandit au sein d'une famille en apparence sans histoires. Pourtant, elle perçoit confusément une menace. Il y a d'abord ce secret familial bien gardé, ces insomnies qui rendent les journées électriques. Il y a ces mots redoutables - lotissement, couloir aérien - qui résonnent comme de mauvais augures. Et puis il y a le père, irascible et distant, qui demeure un mystère pour la fillette. À mesure que les mois passent, le huis clos familial se fait oppressant. Jusqu'à ce qu'un drame survienne, que personne ne nomme... Ressuscitant le monde de l'enfance et son inquiétante étrangeté, Clothilde Salelles explore dans "Nos insomnies" la question du tabou et le pouvoir ambivalent des mots, destructeurs et salutaires.
- Le téléphone carnivore. Jo Nesbo
Richard Elauved, quatorze ans et mal dans sa peau, est recueilli, après la mort de ses parents, par son oncle et sa tante dans une petite ville où il s'ennuie ferme, ne fréquentant que Tom, bègue et moqué de tous. Le jour où ce dernier se volatilise, on accuse Richard de l'avoir poussé dans la rivière. Personne ne le croit quand il raconte que le téléphone de la cabine publique où il avait entraîné son camarade pour faire des blagues a dévoré l'oreille, puis la main, le bras et... le reste du corps de Tom. Personne sauf l'énigmatique Karen, qui l'encourage à mener une investigation jugée superflue par la police. Envoyé en centre de redressement, Richard réussit à s'enfuir avec la complicité de jumeaux maléfiques et aboutit à un manoir abandonné dans la forêt, où se succèdent des phénomènes paranormaux qui semblent tous dirigés contre lui.
- Ta promesse. Camille Laurens
"Au moment où s'ouvre ce livre, je romps une promesse. Lorsque je l'ai faite, c'est idiot, j'étais sûre que je la tiendrais. Enfin, idiot, je ne sais pas. La moindre des choses, quand on fait une promesse, n'est-ce pas d'y croire ?"
Que s'est-il passé avec son compagnon pour que la romancière Claire Lancel doive se défendre devant un tribunal ? Au fil du récit, elle raconte comment elle s'est peu à peu laissé entraîner dans une histoire faite de manipulations et de mensonges. Dans ce roman haletant comme un thriller, Camille Laurens questionne le narcissisme contemporain, l'absence d'empathie, et se demande comment sauver l'amour de ses illusions. Elle nous invite à le célébrer et à le vivre, au-delà des promesses trahies.
- J'emporterai le feu. Leïla Slimani
"Mehdi se sécha, enfila un tee-shirt propre et un pantalon de toile, et il chercha au fond de sa sacoche le livre qu'il avait acheté pour sa fille. Il poserait sa main sur son épaule, il lui sourirait et lui ordonnerait de ne jamais se retourner. “Mia, va-t'en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n'est rien d'autre qu'une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu.”"
Enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, Mia et Inès sont nées dans les années 1980. Comme leur grand-mère Mathilde, leur mère Aïcha ou leur tante Selma, elles cherchent à être libres chacune à sa façon, dans l'exil ou dans la solitude. Il leur faudra se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme parfois. Leïla Slimani achève ici de façon splendide la trilogie du "Pays des autres". Une fresque familiale portée avec une grande justesse.
- La librairie Morisaki. Satoshi Yagisawa
Takako a le coeur brisé lorsque Hideaki, l'homme qu'elle aime, lui annonce ses fiançailles. Dévastée, la jeune femme ne supporte plus de le croiser au travail et démissionne. Takako a bien du mal à remonter la pente... jusqu'au jour où elle reçoit un coup de téléphone de son oncle Satoru, qu'elle n'a pas revu depuis de nombreuses années. L'homme, un peu excentrique, est à la tête d'une vieille librairie d'occasion, implantée à Jinbôchô, le quartier des bouquinistes à Tokyo. Il lui propose de venir l'aider, et même de s'installer au premier étage de la boutique. Voyant enfin l'avenir lui sourire, Takako accepte et découvre parmi tous ces livres un nouveau langage qui lui était jusque-là inconnu...
- Retour à la librairie Morisaki. Satoshi Yagisawa
Les jours s'écoulent doucement à la librairie Morisaki. Chaque fois qu'elle en a l'occasion, Takako vient y aider son oncle et côtoyer les habitants de Jinbôchô. Elle sait qu'une librairie n'est pas uniquement peuplée de livres, mais aussi des âmes qui y trouvent un refuge. Pour remercier son oncle de sa générosité, Takako lui offre un séjour dans des sources thermales. La voici, pour un temps, responsable des lieux. Elle invite alors son ami Wasada, espérant officialiser leur relation. Mais il n'a pas assez de temps pour elle, accaparé par son projet de roman. Existe-il, cependant, meilleur endroit que la librairie Morisaki pour partager leur amour... et surtout celui des livres ?
- Les matins de Jenine. Susan Abulhawa
Comme son père, et comme le père de son père, Hassan vit de la culture des olives dans le petit village palestinien d'Ein Hod. Mais en 1948, lors du conflit qui suit la création de l'État d'Israël, Ein Hod est détruit et ses habitants conduits vers un camp de réfugiés. Pour Hassan, cet exil s'accompagne de la douleur de voir l'ancestral cycle familial brisé à jamais. Son jeune fils Ismaïl a été enlevé par des Israéliens qui lui cacheront ses origines. L'aîné, Youssef, grandira dans la haine des Juifs, prêt à toutes les extrémités. Quant à Amal, sa fille, elle tentera sa chance aux États-Unis, inconsolable cependant d'avoir fui les siens.
La guerre les a séparés. Elle seule pourra les réunir...
- Les âmes féroces. Marie Vingtras
Leo n’est pas rentrée et le printemps s’entête dans sa douceur. Leo ne reviendra pas. La shérif Lauren Hobler découvre son corps au milieu des iris sauvages. Autour de la mort soudaine d’une jeune fille, "Les Âmes féroces" tisse plusieurs destinées. Pour élucider un mystère, mais lequel ?? Celui de Leo, peut-être, et de ses silences. Celui de Lauren, coincée dans une petite ville qui ne la prend pas au sérieux. Il y a aussi Benjamin, Seth et les autres… Les gens de Mercy, qui pensent tous se connaître et en savent si peu sur eux-mêmes.
- Le lit clos. Sophie Brocas
En novembre 1924, un vent de colère a submergé Douarnenez. Trois mille ouvrières des sardineries ont décidé de refuser les cadences infernales, les salaires de misère, le travail des enfants, et ont initié ce qui restera la première et l'une des plus importantes grèves féminines du XXᵉ siècle. Écrasées sous le poids des traditions religieuses et sociales, ces femmes ont pourtant eu le courage de se révolter. Mieux encore, emportées par ce tsunami libérateur, deux d'entre elles ont même osé s'aimer. Mais que restera-t-il de ce moment extraordinaire quand, une fois les revendications satisfaites, le combat prendra fin ? Avec force et délicatesse, Sophie Brocas retrace le destin de ces deux surprenantes héroïnes.
- Trois vies par semaine. Michel Bussi
Un corps est retrouvé dans la vallée de la Meuse, au cœur des Ardennes. Accident, suicide, meurtre ? La révélation de l'identité de la victime plonge la capitaine Katel Marelle dans la sidération. Renaud Duval menait-il... trois vies par semaine ? Trois femmes attendent son retour. Chacune revendique d'être son unique amour. Ensemble, elles vont tenter de percer l'énigme d'une impossible triple vie... Mais comme dans un théâtre d'illusions, des ombres rôdent, prêtes à se venger. Qui sait la vérité ? Qui manipule ? Qui tire les ficelles ?
- En passant par la Lorraine. Paul Couturiau
Sur fond de Résistance, l'histoire d'un couple qui se déchire durant la Seconde Guerre mondiale. La Lorraine est le pivot central de ce roman sur la culture et l'identité d'une région tiraillée entre la France et l'Allemagne.
Bonnes lectures à vous tous !
Comithé lectures du vendredi 7 février 2025
Hier, vendredi 7 février, s'est tenu le comithé lectures mensuel, réunissant des lecteurs et lectrices avides de nouveaux coups de coeurs littéraires à dévorer! Voici donc les titres des livres adorés par nos lecteurs et lectrices:
- Les demeurées. Jeanne Benameur.
La mère, La Varienne, c'est l'idiote du village. La petite, c'est Luce. Quelque chose en elle s'est arrêté. Pourtant, à deux, elles forment un bloc d'amour. Invincible. L'école menace cette fusion. L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l'enfant à l'ignorance, car le savoir est obligatoire. Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde ? L'art de l'épure, quintessence d'émotion, tel est le secret des Demeurées. Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.
- Les matins de Jénine. Susanne Abulhawa
Comme son père, et comme le père de son père, Hassan vit de la culture des olives dans le petit village palestinien d'Ein Hod. Mais en 1948, lors du conflit qui suit la création de l'État d'Israël, Ein Hod est détruit et ses habitants conduits vers un camp de réfugiés. Pour Hassan, cet exil s'accompagne de la douleur de voir l'ancestral cycle familial brisé à jamais. Son jeune fils Ismaïl a été enlevé par des Israéliens qui lui cacheront ses origines. L'aîné, Youssef, grandira dans la haine des Juifs, prêt à toutes les extrémités. Quant à Amal, sa fille, elle tentera sa chance aux États-Unis, inconsolable cependant d'avoir fui les siens.
La guerre les a séparés. Elle seule pourra les réunir...
- Le quatrième mur. Sorj Chalandon.
L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne.
- Le temps d'après. Jean Hegland
Quinze ans après l'effondrement, le jeune Burl vit isolé avec ses deux mères, Eva et Nell. Pour éviter d'attirer l'attention, elles ont brûlé leur maison et se sont installées au coeur de la forêt. Non loin d'une grande souche, elles se sont construite une vie bien réglée. Pour se nourrir, Burl et ses mères chassent et cueillent. La danse, la musique et les récits qu'ils inventent au coin du feu rythment leurs journées. Protégées par leur chère forêt, Eva et Nell refusent tout contact avec le monde d'Avant. Mais Burl, lui, brûle de curiosité pour ces humains qu'il ne connaît que par leurs histoires. Une nuit de solstice, depuis le haut d'une montagne, il aperçoit une lumière qui pourrait être un feu d'origine humaine. En dépit du danger, il se met en tête d'aller à leur rencontre. La suite du chef-d'oeuvre absolu de Jean Hegland, d'une maîtrise et d'une profondeur plus impressionnante encore. Si Nell et Eva ont marqué toute une génération, Burl sera le héros inoubliable de celle qui vient.
- La petite bonne. Bérénice Pichat
Domestique au service des bourgeois, elle est travailleuse, courageuse, dévouée. Mais ce week-end-là, elle redoute de se rendre chez les Daniel. Exceptionnellement, Madame a accepté d’aller prendre l’air à la campagne. Alors la petite bonne devra rester seule avec Monsieur, un ancien pianiste accablé d’amertume, gueule cassée de la bataille de la Somme. Il faudra cohabiter, le laver, le nourrir. Mais Monsieur a un autre projet en tête. Un plan irrévocable, sidérant. Et si elle acceptait ? Et si elle le défiait ? Et s’ils se surprenaient ?
- Le barman du Ritz. Philippe Colin
Juin 1940. Les Allemands entrent dans Paris. Partout, le couvre-feu est de rigueur, sauf au grand hôtel Ritz. Avides de découvrir l'art de vivre à la française, les occupants y côtoient l'élite parisienne, tandis que derrière le bar oeuvre Frank Meier, le plus grand barman du monde. S'adapter est une question de survie. Frank Meier se révèle habile diplomate, gagne la sympathie des officiers allemands, achète sa tranquillité, mais aussi celle de Luciano, son apprenti, et de la troublante et énigmatique Blanche Auzello. Pendant quatre ans, les hommes de la Gestapo vont trinquer avec Coco Chanel, la terrible veuve Ritz, ou encore Sacha Guitry. Ces hommes et ces femmes, collabos ou résistants, héros ou profiteurs de guerre, vont s'aimer, se trahir, lutter aussi pour une certaine idée de la civilisation. La plupart d'entre eux ignorent que Meier, émigré autrichien, ancien combattant de 1914, chef d'orchestre de cet étrange ballet cache un lourd secret. Le barman du Ritz est juif.
- Une tombe pour deux. Ron Rash
Les Hampton, propriétaires de vastes terres, de la scierie et du magasin général de Blowing Rock, petite ville de Caroline du Nord, désapprouvent l'amitié que leur fils Jacob porte à Blackburn, croque-mort défiguré et boiteux à la suite d'une polio. Et plus fortement encore son mariage avec la très jeune Naomi, fille d'un paysan sans le sou. Profitant de l'éloignement de Jacob, parti combattre en Corée après avoir confié Naomi à son ami, ils élaborent un plan inqualifiable justifié à leurs yeux par une certaine idée de l'amour parental. En fait, il s'agit surtout de protéger leurs intérêts et l'honneur de la famille.
- Le club des enfants perdus. Rebecca Lighieri
À vingt-sept ans, Miranda semble appartenir à un drôle de club : celui des enfants qui n'ont manqué de rien sauf de cette joie pure, essentielle, que certains ressentent du seul fait d'être en vie.
Nous vous souhaitons de bonnes lectures! A très bientôt
Comithé lectures du vendredi 10 janvier
En cette nouvelle année, le comithé lecture s'est réuni hier, vendredi 10 janvier et il y a eu du monde ! Une quinzaine de lecteurs s'étaient rassemblés pour partager leur livre préféré du moment. Autour d'un thé et de petits gâteaux, de nombreux titres ont été évoqués. les voici ci-dessous:
- Psaumes païens. Marcelle Delpastre.
- Les enfants d'Elisabeth. Hélène Legrais
Décembre 1939. Teresa, guérillera farouche, est détenue dans le camp d’Argelès-sur-Mer suite à la Retirada. La jeune femme est désemparée : elle est enceinte. Heureusement, le médecin-chef accepte qu’elle quitte les baraquements insalubres pour rejoindre la maternité d’Elne – un ancien château en ruines restauré grâce aux fonds du Secours suisse aux enfants – dirigée par la Suissesse Elisabeth Eidenbenz. Les deux femmes se lient d’amitié rapidement et aideront des centaines d’enfants de réfugiés espagnols d’abord, juifs ensuite, à venir au monde. Comment ces femmes d’exception ont-elles réussi à faire de cette maternité un sanctuaire imperméable à la barabarie nazie ?
- Les guerriers de l'hiver. Olivier Norek
" Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu.
– Je ne parle pas leur langue, camarade.
– Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n'a d'équivalent nulle part ailleurs. Le Sisu est l'âme de la Finlande. Il dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance, la détermination... Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d'un acier qui nous résiste aujourd'hui. "
Imaginez un pays minuscule. Imaginez-en un autre, gigantesque. Imaginez maintenant qu'ils s'affrontent.
- Stimuler le nerf vague pour faciliter la guérison. Stanley Rosenberg
Techniques et exercices pour améliorer le bien-être physique, émotionnel et social. Thérapeute crânio-sacré et rolfer depuis plus de trente ans, Stanley Rosenberg expose le rôle crucial du nerf vague dans les états psychologiques et émotionnels. Il montre ainsi qu'on peut relier son dysfonctionnement à une myriade de symptômes psychologiques et physiques courants, tels que l'anxiété, les migraines ou les maux de dos. Une série d'exercices faciles à réaliser et illustrés de photographies, visant la régulation du nerf vague, permettent d'induire une relaxation profonde, d'améliorer le sommeil et de soulager certaines blessures et certains traumatismes. En mettant l'accent sur le lien entre la restauration de la fonction des nerfs crâniens et l'interaction sociale, les méthodes et les résultats de Stanley Rosenberg offrent en outre un nouvel espoir d'atténuer certains symptômes des troubles du spectre autistique.
- Marionnettes d'amour. Elise Fisher
En cet été 1992, dans la petite église de la colline de Bouxières près de Nancy, Milou pleure la mort prématurée de Jacinthe. Plus qu’une cousine, Jacinthe était comme une sœur avec laquelle elle communiait dans une même passion pour les marionnettes. Toutes deux avaient participé, dans l’enthousiasme de la jeunesse, à un rendez-vous historique : le premier festival international de la marionnette à Charleville en 1961. Jacinthe avait eu la chance de partager le succès de son spectacle avec celui qui allait devenir l’homme de sa vie. Pour Milou, il en était allé autrement. Elle est restée hantée par l’événement singulier qui a fait basculer son destin. Jacinthe a laissé à l’attention de Milou un paquet de lettres qu’elle ne lui a jamais envoyées. Au fil de sa lecture, Milou va peu à peu exhumer la clé d’un redoutable secret…
- Glen Afric. Karine Giebel
Je suis un idiot, un imbécile, un crétin. Je n’ai pas de cervelle. Léonard se répète ce refrain chaque jour et chaque nuit, une suite de mots cruels qu’il entend dans la cour, dans la rue. Son quotidien. Léo le triso. Léonard le bâtard.
Léonard n’est pas comme les autres et il a compris que le monde n’aime pas ceux qui sont différents. Alors il rêve parfois de disparaître. Être ailleurs. Loin d’ici. À Glen Affric. Mais les rêves de certains sont voués à finir en cauchemars…
Douzième roman de l’autrice, Glen Affric est un thriller psychologique bouleversant sur la différence et l’amitié, où le plus beau côtoie le pire. Indétrônable créatrice d’émotions fortes et authentiques, Karine Giebel nous plonge comme elle seule sait le faire au plus profond de l’âme humaine.
- Eden. Audour Ava Olafsdottir
Alba voyage aux quatre coins du monde pour des colloques sur les langues en voie d'extinction. De retour à Reykjavík, elle fait le compte : pour compenser son empreinte carbone, il lui faudrait planter 5 600 arbres. Ni une ni deux, elle repère un terrain de roche, de lave et de sable avec une petite maison. Rien n'est censé pousser là mais Alba y projette déjà une colonie de bouleaux. Peu à peu, Alba apprivoise son jardin d'Eden. Elle s'équipe au rayon bricolage de la boulangerie, prête l'oreille à son voisin qui lutte contre un projet d'usine à glaçons, et s'attache à un jeune réfugié prêt à absorber tout le dictionnaire... Ode au pouvoir infini des mots, Eden explore notre faculté à déjouer les paradoxes de l'existence, à nous réinventer. Un régal d'humour et d'humanité.
- Le pouilleux massacreur. Ian Manook
« Je m’appelle Sorb, c’est le diminutif de Sorbonne. Ceux de la bande m’ont donné ce surnom parce qu’ils me trouvent plus instruit qu’eux. Ce ne sont pas vraiment des voyous, juste une bande. Des mecs de Meudon-la-Forêt, c’est tout. On zone, on fout la pagaille, on choure deux ou trois trucs, rien de méchant. »
Pourtant, un jour, une femme meurt à cause de l’un des leurs. Un accident, comme il dit, et il faut bien que les autres le couvrent quand la police arrive. Dans cette France de 1962, où la jeunesse s’ennuie dans des cités dortoirs, c’est pour eux le début d’une dégringolade vers le pire. Sorb sait que ceux de la bande finiront mal et que lui, peut-être, pourrait s’en sortir. Mais comment ?
Dans ce roman d’initiation aux accents autobiographiques, Ian Manook nous raconte une jeunesse qui promène sa désillusion des bars de banlieue aux rues chics de Paris, et le destin d’un jeune homme aux rêves trop grands pour son HLM.
- Célèbre. Maud Ventura
L'ascension féroce d'une petite fille qui rêvait d'être célèbre. Cruel et brillant ! Cléo grandit dans une famille franco-américaine, mais tristement banale, d'universitaires. Dès l'enfance, elle n'a qu'une obsession : devenir célèbre. Elle sera chanteuse : elle a le timbre, le charisme, l'écriture, la double-nationalité. Au fil des années, Cléo saute tous les obstacles qui s'imposent à elle, arrache chaque victoire à pleine dents, s'entaille la cuisse à chaque échec. À la surprise de tous, sauf d'elle-même, Cléo devient une star mondiale, accumulant les millions de dollars, les villas à Los Angeles et les récompenses. Bienvenue dans un monde où règnent les artifices et l'ivresse de la richesse, l'impunité et la soif de vengeance. S'attaquer à des thèmes universels est périlleux. Maud Ventura le réussit avec brio. Après le thème de l'amour dans Mon mari, elle se frotte à la célébrité. Son deuxième roman est le portrait brillant, acide et juste de notre époque et un miroir cruel de notre obsession pour l'Olympe moderne. Obsédant.
- Le quatrième mur. Sorj Chalandon
« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronnage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... »
- Féminitude. Daniel Lauret
Par analogie avec la notion de « négritude », Simone de Beauvoir pose celle de « féminitude » : elle veut désigner par là un ensemble de qualités acquises dans l'oppression (Encyclopaedia Universalis). Daniel LAURET nous livre ici un conte : NOTRE DRAME DES LAVES et un roman : L ÉPREUVE DE L AMOUR, des textes qui racontent l'histoire de quatre femmes, de quatre grossesses indésirées. Angèle, Man Toinette, Charlotte, peuvent-elles faire autrement que de les subir ? Sylviane fera, pour sa part, le choix d une IVG. Extrait : Il m'est doux de penser, aujourd hui, que mon hôte en aura profité pour filer. Comme une étoile. Je ne lui en veux pas. Je ne pouvais pas prendre la responsabilité d'un Petit Prince. L avion était en panne et le pilote n était pas là pour lui dessiner un mouton. Il valait mieux, pour nous deux, qu il retrouve sa planète, son baobab, sa fleur.
- L'arbre à bouteilles. Joe R. Lansdale
Hériter de cent mille dollars et d'une petite bicoque dans un quartier délabré n'est pas si mal et l'oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard... Même s'il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l'on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c'est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés...
- L'enragé. Sorj Chalandon
Dans la nuit du 27 août 1934, cinquante-six gamins se révoltent et s’échappent de la colonie pénitentiaire pour mineurs de Belle-Île-en-Mer. Voici ouverte la chasse aux enfants. Tous sont capturés. Tous ? Non : aux premières lueurs de l’aube, un évadé manque à l’appel. Voici son histoire...
- Ailleurs chez moi. Douglas Kennedy
Après Les hommes ont peur de la lumière et Et c'est ainsi que nous vivrons, Douglas Kennedy continue son exploration d'une Amérique plus désunie que jamais avec une œuvre palpitante, pleine de souffle et de panache, pour raconter la richesse et les contradictions de son pays. Lors d'un salon littéraire en France, alors qu'il déjeune avec quelques écrivains locaux, Douglas Kennedy est apostrophé par l'une des convives qui lui lance qu'elle le trouve " plutôt raffiné pour un Américain ". Piqué au vif par ce qui n'était en somme qu'une flatterie maladroite, Douglas s'interroge : être américain, c'est quoi ? Le début d'une quête sincère à la poursuite du grand mystère de l'âme américaine. Du New York d'après-guerre à une petite ville texane trumpiste, de souvenirs d'enfance en réflexions politiques, d'anecdotes hilarantes en citations littéraires, de notes de jazz en films inoubliables, un voyage étourdissant, passionnant, édifiant, drôle, émouvant, avec un guide de luxe : Douglas Kennedy himself...
- A ma soeur et unique. Guy Boley
Elisabeth Förster fut l’unique sœur de Friedrich Nietzsche, écrivain, philologue, philosophe, être perpétuellement souffrant, vivant dans une solitude totale. De deux ans sa cadette, elle fut sa première lectrice, compagne, admiratrice. Tôt, elle se promet de tout faire pour que brille l'œuvre de son frère à laquelle elle n'entend rien. En effet, elle fera tout. Le soignera, l’assistera, le portera. Et ira jusqu’à vendre ses écrits à Adolf Hitler, homme que Friedrich eut haï s'il l'avait connu. Dans ce roman écrit d’un souffle, Guy Boley retrace chaque épisode de leurs vies : leur enfance complice à Naumburg, leur vie conjugale à Bâle où Fritz est professeur et où Lisbeth l’assiste, les week-ends chez les Wagner puis la rupture ; l’affaire Lou-Salomé, le mariage d’Elisabeth avec Bernhard Förster, antisémite déclaré avec lequel elle part en 1886 au Paraguay, fonder la colonie Nueva Germania. Pour revenir trois ans après, au chevet de son frère tombé dans la folie, inconscient, alité, qu’elle dit soigner mais qu'elle va trahir et spolier. Amour, solitude, vengeance, trahison ; ambition dévorante, génie, haine, héritage, cruauté. Tout y est. Même les dieux qui Là-Haut jouent aux dés. L’équivalent en prose d’un drame shakespearien.
- La daronne. Hannelore Cayre
Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime. Patience est traductrice de l'arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d'heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d’un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore. Et Patience devient la Daronne. Hannelore Cayre est avocate pénaliste à Paris. Elle est notamment l'auteur de Commis d’office, qu’elle a porté elle-même à l’écran.
- L'étoile du désert. Michael Connely
Après avoir quitté le LAPD rongé par la misogynie, le défaitisme et la bureaucratie, Renée Ballard prend la direction de l’unité des Affaires non résolues récemment reformée. Elle y recrute des stars de la police et demande à Harry Bosch, maintenant à la retraite, de l’aider à résoudre l’affaire de deux jeunes femmes tuées de la même façon à dix ans d’intervalle. Bosch ne saurait refuser : avec toutes les ressources du LAPD, peut-être pourra-t-il en profiter pour arrêter le psychopathe qui a abattu toute une famille dans le désert de Mojave et n’a jamais été retrouvé. S’il respecte Ballard, Bosch supporte mal son autorité et cela risque de nuire à leur travail. Et les tueurs, eux, n’entendent pas se laisser attraper après toutes ces années d’impunité. D’autant que pour Ballard, et surtout pour Bosch, le temps presse...
- L'alphabet du silence. Delphine Minoui
Un roman de colère et d'amour, traversé par l'Histoire. Göktay est professeur à l'université du Bosphore à Istanbul. Idéaliste, adoré de ses étudiants, il est tombé amoureux d'Ayla, avec qui il a une petite fille. Mais la répression féroce menée par le président Erdogan s'abat sur le couple. Un jour, Göktay signe la pétition de trop et se retrouve en prison. Révoltée par cette injustice, Ayla décide de reprendre le flambeau. Jusqu'où ira-t-elle pour défendre ses idéaux ?
- Et chaque fois mourir un peu. Karine Giebel
Monter au front sans arme ni gilet pare-balles. Soigner les autres au péril de sa vie. Se sentir utile en ce monde. De Sarajevo à Gaza, en passant par Grozny, la Colombie ou l'Afghanistan, Grégory se rend au chevet des sacrifiés sous l'égide de la Croix-Rouge internationale. Chaque victime sauvée est une victoire sur la folie des hommes. Chaque vie épargnée donne un sens à la sienne. Peu importe les cicatrices et les plaies invisibles que lui laisse chaque conflit. Poussé par l'adrénaline, par un courage hors du commun et par l'envie de sauver ceux que le monde oublie, Grégory prend de plus en plus de risques. Jusqu'au risque de trop. Jusqu'au drame...
- Teabag. Hennig Mankell
Dans un camp de transit de la côte espagnole, les migrants attendent patiemment d’entrer en Europe. Tea-Bag, la jeune Africaine, tente d’oublier les cris de ceux qui ont péri dans le naufrage qui les a menés sur cette plage. Lorsqu’un journaliste lui offre, contre son témoignage, un voyage en Suède, l’espoir renaît. Parviendra-t-elle à infléchir le cours de son destin ? Henning Mankell (1948-2015), auteur suédois, un des maîtres incontestés du roman policier scandinave, s’est également imposé en littérature. Tous ses ouvrages sont disponibles en Points.
- Les délices de Tokyo. Durian Sukegawa
« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager. Magnifiquement adapté à l'écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.
- Petit pays. Gael Faye
Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire. Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.
- Les deux visages du monde. David Joy
Après quelques années passées à Atlanta, Toya Gardner, une jeune artiste afro-américaine, revient dans la petite ville des montagnes de Caroline du Nord d'où sa famille est originaire. Déterminée à dénoncer l'histoire esclavagiste de la région, elle ne tarde pas à s'y livrer à quelques actions d'éclat, provoquant de violentes tensions dans la communauté. Au même moment, Ernie, un policier du comté, arrête un mystérieux voyageur qui se révèle être un suprémaciste blanc. Celui-ci a en sa possession un carnet dans lequel figurent les noms de notables de la région. Bien décidé à creuser l'affaire, Ernie se heurte à sa hiérarchie. Quelques semaines plus tard, deux crimes viennent endeuiller la région. Chacun va alors devoir faire face à des secrets enfouis depuis trop longtemps, à des mensonges entretenus parfois depuis plusieurs générations.
- D'entre les morts. Alexis Laipsker
Le nouveau thriller événement d'Alexis Laipsker
Toutes ces femmes mortes.
C'était à cause d' Elle.
C'était pour Elle qu'il faisait ça.
Pour qu' Elle vive.
Pour qu' Elle revive.
Pour qu' Elle revienne... d'entre les morts.
Bonnes lectures !